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Coup d'oeil sur cinq décennies d'activité dans le domaine de la peinture moderne

Chroniques de et par Georges Kasper (extraits)
éditées à l'occasion du 50ème anniversaire de la galerie

Georges Kasper

Portrait de Georges Kasper par Maurice Barraud, 1943

1940: L'ouverture de la galerie à Zürich fut un événement et j'ai été mis en rapport avec les plus grands collectionneurs de Suisse alémanique comme MM. Emil Bürlé, Oscar Reinhardt, le Dr Mayenfisch, Mme Hahnloser. A cette époque il n'y avait que très peu de galeries à Zürich et la seule possibilité était de présenter des artistes figuratifs suisses étant donné la fermeture des frontières.

1941: J'ai créé le "Prix Suisse de Peinture" réservé à la peinture suisse qui devint rapidement un événement artistique et le collectionneur Emil Bührlé offrit un prix en argent liquide. Des artistes tels que Maurice Barraud, Bosshardt, Lauterburg, Pellegrini, Surbeck, Tscharner, Barth etc... étaient présentés.Le jury était composé de collectionneurs et de peintres.
Par la suite, ce prix changea de nom et de tendance pour devenir le "Prix Suisse de Peinture Abstraite", des années plus tard il est devenu le "Prix Suisse de Peinture Naïve" pour s'appeler il y a un an "Prix Suisse et Prix Europe de Peinture Primitive Moderne". En 1991 eut lieu le vingtième concours.

1942: J'ai reçu du Consulat de France l'autorisation de me rendre à Cannes où j'ai fait la connaissance de Francis Picabia. C'est en 1946 que j'ai organisé une exposition de ses oeuvres à la Kunsthalle de Bâle. A la même époque, j'ai rendu visite au peintre Bonnard au Cannet. Cette même année, en collaboration avec Francis Carco, j'ai édité un ouvrage sur Maurice Barraud, intitulé "Un peintre chez lui".

1943: J'ai édité la "Kunstzeitung - journal des arts" et ai eu mon premier procès devant le Tribunal fédéral à Lausanne suite à l'exposition d'un petit tableau de Schürch qui représentait son maître Ferdinand Hodler sur son lit de mort. Madame Hodler engagea une action sur le fait que ce tableau constituait une violation de l'intimité de sa famille. Le Tribunal lui donna raison bien qu'un tableau représentant Hodler sur son lit de mort fut exposé au Musée de Berne. A cette époque Francis Carco collaborait régulièrement au "Journal des arts" que j'éditais et diffusais. J'eus un deuxième passage devant le Tribunal qui, cette fois, me donna raison pour la publication de certaines photographies.
Peu de temps avant la fin de la guerre, je fis la connaissance de Fernand Léger ainsi que du "Sorcier" de son vrai nom Dalmasso, cultivateur d'oeillets, qui me prédit les tableaux que j'allais acquérir dans le futur.
Après la Libération, à Paris j'ai fait la connaissance des peintres Dachelette, Jean Fous, Léon Greffe et Narcisse Belle. Peintres classés Naïfs.

1950: J'ai édité à Ascona les "Blätter für die Kunst".

1953: J'ai ouvert une galerie à Ascona où vivaient à cette époque Erick Maria Remarque et de nombreuses personnalités du monde des arts. J'organisais des soirées dans la galerie et au Monte Vérita, l'hôtel du Baron von der Heit. J'ai ouvert une école de peinture fréquentée par des élèves venant de pays divers dont les professeurs étaient le peintre Moser de Suisse ainsi qu'Italo Valenti de Milan.
A Paris, cette époque-là, j'ai rencontré le sculpteur Brancusi qui m'offrit une photographie dédicacée. J'ai également restauré le Château de Pradon-Saint-Rose, dans le Var. Je faisais du courtage de tableaux et on m'offrit un tableau du peintre allemand Franz Marc.

1957: Ouverture de le galerie de la rue de la Paix, à Lausanne. Connaissance de Hans Liechti, grand collectionneur et ami. J'ai organisé une rencontre entre Sonia Delaunay et Alberto Magnelli, un critique d'art et moi-même. Un enregistrement a été effectué et Sonia Delaunay a réalisé une sérigraphie dans notre atelier de la "Guilde Internationale de la Sérigraphie" pour l'art abstrait. Une soixantaine d'artistes ont été édités et ont tiré eux-mêmes leurs estampes.

1958: J'édite le journal "Art Actuel".

1960: Je fonde la "Nouvelle Ecole Européenne de Peinture", avec un groupe de peintres abstraits et une exposition importante a lieu au Hessenhuis d'Anvers.

1965: Déplacement de la galerie à Morges avec la collaboration de ma femme Lia. Nous avons participé à la "Foire d'Art " de Bâle et avons créé le groupe "Henri Rousseau" afin de promouvoir la peinture dite "Naïve". Le groupe a été dissous en 1989, à l'occasion du mouvement international pour une nouvelle appellation de "Primitive Moderne".

1968: Le prix "Ciné Europe" m'a été décerné en Belgique.et j'ai créé le "Festival du Cinéma de Rolle" qui a été transféré à Nyon et où j'ai été nommé Président d'Honneur.

1969: Paraît le premier numéro de la revue "Cinéma International", édition luxueuse qui a obtenu le "Lion d'Argent" à la Biennale de Venise. J'ai aussi eu l'occasion de réaliser des films en 16mm sur Lucio Fontana, Roberto Crippa, Jef Verheyen, Bram Bogart et le sculpteur Vic Gentil.

1970: Début des expositions tendances nouveau et hyperréalisme.

1971: J'édite la "Gazette Pro Arte" qui fêtera donc bientôt ses vingt ans d'existence.

Nous organisons chaque année une exposition importante d'estampes japonaises et avons été les premiers à exposer des dessins réalisés sur ordinateur sous la présidence de René Berger. Quand aux tendances "Nouveau Réalisme" et "Hyperréalisme, elles nous ont particulièrement intéressés.

1972: Création du Prix Suisse et Prix Europe de Peinture Primitive Moderne Internationale"

1983: Exposition du peintre Georges Mathieu, maître de l'abstraction lyrique.

1985: Première exposition d'estampes japonaises.

1988: Concours International de dessin réalisés sur ordinateur.
Cette compétition entre artistes de divers pays s'est déroulée sous la présidence de Monsieur René Berger.

1991: Décès de Georges Kasper. Lia Kasper poursuit l'activité de la galerie.

Georges Kasper
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Lia et Georges Kasper

Lia et Georges Kasper soufflant les bougies du 40ème anniversaire de la galerie

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